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  Editorial du Secrétaire Général

  COLERE ET ESPOIR !

   L’année 2011 se termine avec son lot de joies, d’émotions, de tristesse et de colère. La colère, c’est le sentiment partagé par
   l’ensemble des policiers, à
  l’annonce du décès de notre collègue de la BAC d’Aix-en-Provence, Eric Lales.

  Lâchement abattu par des voyous sans scrupule, prêts à tout pour dérober quelques euros, Eric laisse derrière lui une compagne,
  des enfants, une famille, des amis, et des collègues particulièrement affectés
par ce crime odieux.

D’une haute conscience professionnelle, Eric est mort parce qu’il a fait son devoir. Ila donné sa vie pour protéger ses concitoyens. Ceci mérite tout notre respect et la reconnaissance de la Nation tout entière. La population, profondément émue par ces crimes contre des représentants de l’Etat, a manifesté son entier soutien aux forces de l’ordre endeuillées, à l’occasion des cérémonies organisées en mémoire de nos morts, à Bourges comme à Marseille.

Les policiers rassemblés dans le calme à Marseille, sous les fenêtres de la Préfecture, ont rendu hommage dignement à Eric, mais aussi à tous ceux touchés dans leur chair. Belle marque de solidarité, et beau message adressé aux responsables politiques de notre pays!

La mort de nos collègues ne doit pas rester impunie. Tout doit être mis en œuvre pour retrouver ces assassins! Mais, au-delà de l’action policière, nous attendons une réaction appropriée de la justice de notre pays. Elle devra condamner fermement ceux qui n’hésitent plus à tuer un dépositaire de l’autorité publique.

L’émotion dépassée, il faut impérativement engager une révision des peines applicables aux meurtriers de représentants de l’État. Des peines planchers, applicables automatiquement, doivent être instaurées, particulièrement pour les récidivistes. Et si des difficultés juridiques existent, il convient de les surmonter en adaptant notre droit aux réalités de la délinquance. La sanction doit être exemplaire et dissuasive.

Aujourd’hui, des malfaiteurs lourdement armés, très violents et déterminés, ne redoutent ni la Loi ni la décision de certains magistrats. Ceci doit cesser!

La peur doit changer de camp! Ne laissons pas les populistes porter le message de la lutte contre l’insécurité. Les politiques républicains ont la confiance des policiers, et de la population en général. Mais cet équilibre est fragile.

Des signes forts doivent être envoyés, tant aux agents des forces de sécurité qu’aux habitants de notre pays. Le droit doit protéger la population honnête de ce pays, et donner des outils juridiques adaptés aux policiers exposés quotidiennement sur la voie publique.

La réglementation sur la légitime défense pour les policiers doit évoluer, afin de donner à nos collègues un cadre adapté aux risques encourus, lors des interventions. Cette proposition est une vieille revendication des professionnels de la sécurité.

Le rapprochement, au sein de notre ministère, entre la police et la gendarmerie, doit favoriser une analyse sereine de ce dossier. Il ne faut pas laisser la part belle à ceux qui en parlent publiquement à des fins électoralistes.

Le message transmis par le ministre de l’Intérieur, lors des obsèques de nos collègues, a été particulièrement apprécié. Sa présence sans faille est positivement ressentie dans les unités.

L’engagement personnel de Nicolas Sarkozy est reçu comme un signe fort de soutien et d’attention. Mais l’exigence est forte.

Les policiers sont toujours mobilisés contre la délinquance quotidienne. Mais, plus que jamais, ils attendent un recentrage de leurs missions sur leur cœur de métier. Ils réclament un renforcement de l’arsenal juridique, mis à leur disposition, pour lutter plus efficacement contre la criminalité quotidienne.

Ils revendiquent un gel de la diminution programmée des effectifs et un suivi judiciaire réellement dissuasif. Très vite, il faudra revoir les stratégies d’emploi au sein de la sécurité publique.

Il faut placer le renseignement criminel au cœur des priorités, car l’anticipation reste l’une des clés de la réussite. Les policiers, et particulièrement ceux du corps d’encadrement et d’application, veulent faire leur métier.

Ils refusent d’être transformés en statisticiens et employés en fonction d’objectifs chiffrés, éloignés de la mission de sécurité pour laquelle ils ont été recrutés.2012 devra être l’année de ces décisions politiques indispensables.

Alliance sera une nouvelle fois une force de proposition incontournable.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année. Et j’ai une pensée particulière pour tous ceux qui souffrent et pour qui ces moments seront ceux de la solitude ou de la tristesse. Qu’ils puissent néanmoins trouver un peu de paix, de joie et d’amour.

Bon bout d’An à tous!

Jean Claude DELAGE
Secrétaire Général

 
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